Programmation *Curses* avec Python
**********************************

Auteur:
   A.M. Kuchling, Eric S. Raymond

Version:
   2.04


Résumé
^^^^^^

Ce document décrit comment utiliser le module d'extension "curses"
pour contrôler l'affichage en mode texte.


Qu'est-ce que *curses* ?
========================

La bibliothèque *curses* fournit une capacité de dessin à l'écran et
de gestion du clavier indépendante du terminal pour les terminaux
textuels ; ces terminaux comprennent les *VT100*, la console Linux et
le terminal simulé fourni par divers programmes. Les terminaux
d'affichage prennent en charge divers codes de commande pour effectuer
des opérations courantes telles que déplacer le curseur, faire défiler
l'écran et effacer des zones. Différents terminaux utilisent des codes
très différents et ont souvent leurs propres bizarreries mineures.

Dans un monde d'affichages graphiques, on pourrait se demander «
pourquoi s'embêter ? ». Il est vrai que les terminaux d'affichage
caractère par caractère sont une technologie obsolète, mais il existe
des niches pour lesquelles la possibilité de faire des choses
fantaisistes est encore précieuse. En exemple de niche, on peut citer
les systèmes de type Unix de petite taille ou embarqués qui
n'utilisent pas de serveur X. Il y a aussi les outils tels que les
installateurs d'OS et les outils de configuration du noyau qui doivent
être exécutés avant qu'un support graphique ne soit disponible.

The curses library provides fairly basic functionality, providing the
programmer with an abstraction of a display containing multiple non-
overlapping windows of text.  The contents of a window can be changed
in various ways---adding text, erasing it, changing its appearance---
and the curses library will figure out what control codes need to be
sent to the terminal to produce the right output.  curses doesn't
provide many user-interface concepts such as buttons, checkboxes, or
dialogs; if you need such features, consider a user interface library
such as Urwid.

La bibliothèque *curses* a été écrite à l'origine pour BSD Unix ; les
dernières versions *System V* d'Unix d'AT&T ont ajouté de nombreuses
améliorations et de nouvelles fonctions. BSD *curses* n'est plus
maintenu, ayant été remplacé par *ncurses*, qui est une implémentation
open-source de l'interface AT&T. Si vous utilisez un Unix open-source
comme Linux ou FreeBSD, votre système utilise presque certainement
*ncurses*. Comme la plupart des versions commerciales actuelles d'Unix
sont basées sur le code *System V*, toutes les fonctions décrites ici
seront probablement disponibles. Les anciennes versions de *curses*
portées par certains Unix propriétaires pourraient ne pas gérer toutes
les fonctions.

The Windows version of Python doesn't include the "curses" module.  A
ported version called UniCurses is available.


Le module *curses* de Python
----------------------------

The Python module is a fairly simple wrapper over the C functions
provided by curses; if you're already familiar with curses programming
in C, it's really easy to transfer that knowledge to Python.  The
biggest difference is that the Python interface makes things simpler
by merging different C functions such as "addstr()", "mvaddstr()", and
"mvwaddstr()" into a single "addstr()" method.  You'll see this
covered in more detail later.

Ce guide pratique est une introduction à l'écriture de programmes en
mode texte avec *curses* et Python. Il n'essaie pas d'être un guide
complet de l'API *curses* ; pour cela, consultez la section du guide
de la bibliothèque Python sur *ncurses* et les pages du manuel C pour
*ncurses*. Il vous donne cependant les idées de base.


Lancement et arrêt une application *curses*
===========================================

Before doing anything, curses must be initialized.  This is done by
calling the "initscr()" function, which will determine the terminal
type, send any required setup codes to the terminal, and create
various internal data structures.  If successful, "initscr()" returns
a window object representing the entire screen; this is usually called
"stdscr" after the name of the corresponding C variable.

   import curses
   stdscr = curses.initscr()

Habituellement, les applications *curses* désactivent l'écho
automatique des touches à l'écran, afin de pouvoir lire les touches et
ne les afficher que dans certaines circonstances. Cela nécessite
d'appeler la fonction "noecho()".

   curses.noecho()

Également, les applications réagissent généralement instantanément aux
touches sans qu'il soit nécessaire d'appuyer sur la touche Entrée ;
c'est ce qu'on appelle le mode *cbreak*, par opposition au mode
d'entrée habituel avec un tampon.

   curses.cbreak()

Les terminaux renvoient généralement les touches spéciales, telles que
les touches de curseur ou les touches de navigation (Page précédente
et Accueil par exemple), comme une séquence d'échappement sur
plusieurs octets. Bien que vous puissiez écrire votre application pour
vous attendre à de telles séquences et les traiter en conséquence,
*curses* peut le faire pour vous, renvoyant une valeur spéciale telle
que "curses.KEY_LEFT". Pour que *curses* fasse le travail, vous devez
activer le mode *keypad*.

   stdscr.keypad(True)

Arrêter une application *curses* est beaucoup plus facile que d'en
démarrer une. Appelez :

   curses.nocbreak()
   stdscr.keypad(False)
   curses.echo()

pour inverser les réglages du terminal mis en place pour *curses*.
Ensuite, appelez la fonction "enddwin()" pour restaurer le terminal
dans son mode de fonctionnement original.

   curses.endwin()

Un problème courant lors du débogage d'une application *curses* est de
se retrouver avec un terminal sans queue ni tête lorsque l'application
meurt sans restaurer le terminal à son état précédent. Avec Python,
cela arrive souvent lorsque votre code est bogué et lève une exception
non interceptée. Les touches ne sont plus répétées à l'écran lorsque
vous les tapez, par exemple, ce qui rend l'utilisation de l'interface
de commande du *shell* difficile.

En Python, vous pouvez éviter ces complications et faciliter le
débogage en important la fonction "curses.wrapper()" et en l'utilisant
comme suit :

   from curses import wrapper

   def main(stdscr):
       # Clear screen
       stdscr.clear()

       # This raises ZeroDivisionError when i == 10.
       for i in range(0, 11):
           v = i-10
           stdscr.addstr(i, 0, '10 divided by {} is {}'.format(v, 10/v))

           stdscr.refresh()
           stdscr.getkey()

   wrapper(main)

The "wrapper()" function takes a callable object and does the
initializations described above, also initializing colors if color
support is present.  "wrapper()" then runs your provided callable.
Once the callable returns, "wrapper()" will restore the original state
of the terminal.  The callable is called inside a "try"..."except"
that catches exceptions, restores the state of the terminal, and then
re-raises the exception.  Therefore your terminal won't be left in a
funny state on exception and you'll be able to read the exception's
message and traceback.


Fenêtres et tampons (*pads* en anglais)
=======================================

Les fenêtres sont l'abstraction de base de *curses*. Un objet fenêtre
représente une zone rectangulaire de l'écran qui gère des méthodes
pour afficher du texte, l'effacer, permettre à l'utilisateur de saisir
des chaînes, etc.

L'objet "stdscr" renvoyé par la fonction "initscr()" est un objet
fenêtre qui couvre l'écran entier. De nombreux programmes peuvent
n'avoir besoin que de cette fenêtre unique, mais vous pouvez diviser
l'écran en fenêtres plus petites, afin de les redessiner ou de les
effacer séparément. La fonction "newwin()" crée une nouvelle fenêtre
d'une taille donnée, renvoyant le nouvel objet fenêtre.

   begin_x = 20; begin_y = 7
   height = 5; width = 40
   win = curses.newwin(height, width, begin_y, begin_x)

Notez que le système de coordonnées utilisé dans *curses* est
inhabituel. Les coordonnées sont toujours passées dans l'ordre *y,x*
et le coin supérieur gauche d'une fenêtre a pour coordonnées (0,0).
Ceci rompt la convention normale des coordonnées où la coordonnée *x*
vient en premier. C'est une différence malheureuse par rapport à la
plupart des autres applications informatiques, mais elle fait partie
de *curses* depuis qu'il a été écrit et il est trop tard pour changer
les choses maintenant.

Votre application peut déterminer la taille de l'écran en utilisant
les variables "curses.LINES" et "curses.COLS" pour obtenir les tailles
*y* et *x*. Les coordonnées licites s'étendent alors de "(0,0)" à
"(curses.LINES - 1, curses.COLS - 1)".

Quand vous appelez une méthode pour afficher ou effacer du texte,
l'affichage ne le reflète pas immédiatement. Vous devez appeler la
méthode "refresh()" des objets fenêtre pour mettre à jour l'écran.

This is because curses was originally written with slow 300-baud
terminal connections in mind; with these terminals, minimizing the
time required to redraw the screen was very important.  Instead curses
accumulates changes to the screen and displays them in the most
efficient manner when you call "refresh()".  For example, if your
program displays some text in a window and then clears the window,
there's no need to send the original text because they're never
visible.

In practice, explicitly telling curses to redraw a window doesn't
really complicate programming with curses much. Most programs go into
a flurry of activity, and then pause waiting for a keypress or some
other action on the part of the user.  All you have to do is to be
sure that the screen has been redrawn before pausing to wait for user
input, by first calling "stdscr.refresh()" or the "refresh()" method
of some other relevant window.

Un tampon (*pad* en anglais) est une forme spéciale de fenêtre ; il
peut être plus grand que l'écran effectif et il est possible de
n'afficher qu'une partie du tampon à la fois. La création d'un tampon
nécessite de fournir sa hauteur et sa largeur, tandis que pour le
rafraîchissement du tampon, vous devez fournir les coordonnées de la
zone de l'écran où une partie du tampon sera affichée.

   pad = curses.newpad(100, 100)
   # These loops fill the pad with letters; addch() is
   # explained in the next section
   for y in range(0, 99):
       for x in range(0, 99):
           pad.addch(y,x, ord('a') + (x*x+y*y) % 26)

   # Displays a section of the pad in the middle of the screen.
   # (0,0) : coordinate of upper-left corner of pad area to display.
   # (5,5) : coordinate of upper-left corner of window area to be filled
   #         with pad content.
   # (20, 75) : coordinate of lower-right corner of window area to be
   #          : filled with pad content.
   pad.refresh( 0,0, 5,5, 20,75)

The "refresh()" call displays a section of the pad in the rectangle
extending from coordinate (5,5) to coordinate (20,75) on the screen;
the upper left corner of the displayed section is coordinate (0,0) on
the pad.  Beyond that difference, pads are exactly like ordinary
windows and support the same methods.

If you have multiple windows and pads on screen there is a more
efficient way to update the screen and prevent annoying screen flicker
as each part of the screen gets updated.  "refresh()" actually does
two things:

1. elle appelle la méthode "noutrefresh()" de chaque fenêtre pour
   mettre à jour les données sous-jacentes qui permettent d'obtenir
   l'affichage voulu ;

2. elle appelle la fonction "doupdate()" pour modifier l'écran
   physique afin de correspondre à l'état défini par les données sous-
   jacentes.

Instead you can call "noutrefresh()" on a number of windows to update
the data structure, and then call "doupdate()" to update the screen.


Affichage de texte
==================

From a C programmer's point of view, curses may sometimes look like a
twisty maze of functions, all subtly different.  For example,
"addstr()" displays a string at the current cursor location in the
"stdscr" window, while "mvaddstr()" moves to a given y,x coordinate
first before displaying the string. "waddstr()" is just like
"addstr()", but allows specifying a window to use instead of using
"stdscr" by default. "mvwaddstr()" allows specifying both a window and
a coordinate.

Heureusement, l'interface Python masque tous ces détails. "stdscr" est
un objet fenêtre comme les autres et les méthodes telles que
"addstr()" acceptent leurs arguments sous de multiples formes,
habituellement quatre.

+-----------------------------------+-------------------------------------------------+
| Forme                             | Description                                     |
|===================================|=================================================|
| *str* ou *ch*                     | Affiche la chaîne *str* ou le caractère *ch* à  |
|                                   | la position actuelle                            |
+-----------------------------------+-------------------------------------------------+
| *str* ou *ch*, *attr*             | Affiche la chaîne *str* ou le caractère *ch*,   |
|                                   | en utilisant l'attribut *attr* à la position    |
|                                   | actuelle                                        |
+-----------------------------------+-------------------------------------------------+
| *y*, *x*, *str* ou *ch*           | Se déplace à la position *y,x* dans la fenêtre  |
|                                   | et affiche la chaîne *str* ou le caractère *ch* |
+-----------------------------------+-------------------------------------------------+
| *y*, *x*, *str* ou *ch*, *attr*   | Se déplace à la position *y,x* dans la fenêtre  |
|                                   | et affiche la chaîne *str* ou le caractère *ch* |
|                                   | en utilisant l'attribut *attr*                  |
+-----------------------------------+-------------------------------------------------+

Les attributs permettent de mettre en valeur du texte : gras,
souligné, mode vidéo inversé ou en couleur. Nous les voyons plus en
détail dans la section suivante.

The "addstr()" method takes a Python string or bytestring as the value
to be displayed.  The contents of bytestrings are sent to the terminal
as-is.  Strings are encoded to bytes using the value of the window's
"encoding" attribute; this defaults to the default system encoding as
returned by "locale.getencoding()".

Les méthodes "addch()" prennent un caractère, soit sous la forme d'une
chaîne de longueur 1, d'une chaîne d'octets de longueur 1 ou d'un
entier.

Des constantes sont disponibles pour étendre les caractères ; ces
constantes sont des entiers supérieurs à 255. Par exemple,
"ACS_PLMINUS" correspond au symbole +/- et "ACS_ULCORNER" correspond
au coin en haut et à gauche d'une boîte (utile pour dessiner des
encadrements). Vous pouvez aussi utiliser les caractères Unicode
adéquats.

Windows se souvient de l'endroit où le curseur était positionné lors
de la dernière opération, de manière à ce que si vous n'utilisez pas
les coordonnées *y,x*, l'affichage se produit au dernier endroit
utilisé. Vous pouvez aussi déplacer le curseur avec la méthode
"move(y,x)". Comme certains terminaux affichent un curseur clignotant,
vous pouvez ainsi vous assurer que celui-ci est positionné à un
endroit où il ne distrait pas l'utilisateur (il peut être déroutant
d'avoir un curseur qui clignote à des endroits apparemment
aléatoires).

Si votre application n'a pas besoin d'un curseur clignotant, vous
pouvez appeler "curs_set(False)" pour le rendre invisible. Par souci
de compatibilité avec les anciennes versions de *curses*, il existe la
fonction "leaveok(bool)" qui est un synonyme de "curs_set()". Quand
*bool* vaut "True", la bibliothèque *curses* essaie de supprimer le
curseur clignotant et vous n'avez plus besoin de vous soucier de le
laisser trainer à des endroits bizarres.


Attributs et couleurs
---------------------

Les caractères peuvent être affichés de différentes façons. Les lignes
de statut des applications en mode texte sont généralement affichées
en mode vidéo inversé ; vous pouvez avoir besoin de mettre en valeur
certains mots. À ces fins, *curses* vous permet de spécifier un
attribut pour chaque caractère à l'écran.

Un attribut est un entier dont chaque bit représente un attribut
différent. Vous pouvez essayer d'afficher du texte avec plusieurs
attributs définis simultanément mais *curses* ne garantit pas que
toutes les combinaisons soient prises en compte ou que le résultat
soit visuellement différent. Cela dépend de la capacité de chaque
terminal utilisé, il est donc plus sage de se cantonner aux attributs
les plus communément utilisés, dont la liste est fournie ci-dessous.

+------------------------+----------------------------------------+
| Attribut               | Description                            |
|========================|========================================|
| "A_BLINK"              | Texte clignotant                       |
+------------------------+----------------------------------------+
| "A_BOLD"               | Texte en surbrillance ou en gras       |
+------------------------+----------------------------------------+
| "A_DIM"                | Texte en demi-ton                      |
+------------------------+----------------------------------------+
| "A_REVERSE"            | Texte en mode vidéo inversé            |
+------------------------+----------------------------------------+
| "A_STANDOUT"           | Le meilleur mode de mis en valeur pour |
|                        | le texte                               |
+------------------------+----------------------------------------+
| "A_UNDERLINE"          | Texte souligné                         |
+------------------------+----------------------------------------+

Ainsi, pour mettre la ligne de statut située en haut de l'écran en
mode vidéo inversé, vous pouvez coder :

   stdscr.addstr(0, 0, "Current mode: Typing mode",
                 curses.A_REVERSE)
   stdscr.refresh()

La bibliothèque *curses* gère également les couleurs pour les
terminaux compatibles. Le plus répandu de ces terminaux est sûrement
la console Linux, suivie par *xterm* en couleurs.

Pour utiliser les couleurs, vous devez d'abord appeler la fonction
"start_color()" juste après avoir appelé "initscr()" afin
d'initialiser (la fonction "curses.wrapper()" le fait
automatiquement). Ensuite, la fonction "has_colors()" renvoie "True"
si le terminal utilisé gère les couleurs (note : *curses* utilise
l'orthographe américaine *color* et non pas l'orthographe britannique
ou canadienne *colour* ; si vous êtes habitué à l'orthographe
britannique, vous devrez vous résigner à mal l'orthographier tant que
vous utilisez *curses*).

La bibliothèque *curses* maintient un nombre restreint de paires de
couleurs, constituées d'une couleur de texte (*foreground*) et de fond
(*background*). Vous pouvez obtenir la valeur des attributs
correspondant à une paire de couleur avec la fonction "color_pair()" ;
cette valeur peut être combinée bit par bit (avec la fonction *OR*)
avec les autres attributs tels que "A_REVERSE",mais là encore, de
telles combinaisons risquent de ne pas fonctionner sur tous les
terminaux.

Un exemple d'affichage d'une ligne de texte en utilisant la paire de
couleur 1 :

   stdscr.addstr("Pretty text", curses.color_pair(1))
   stdscr.refresh()

Comme indiqué auparavant, une paire de couleurs est constituée d'une
couleur de texte et d'une couleur de fond. La fonction "init_pair(n,
f, b)" change la définition de la paire de couleurs *n*, en
définissant la couleur de texte à *f* et la couleur de fond à *b*. La
paire de couleurs 0 est codée en dur à blanc sur noir et ne peut être
modifiée.

Les couleurs sont numérotées et "start_color()" initialise 8 couleurs
basiques lors de l'activation du mode en couleurs. Ce sont : 0 pour
noir (*black*), 1 pour rouge (*red*), 2 pour vert (*green*), 3 pour
jaune (*yellow*), 4 pour bleu *(blue*), 5 pour magenta, 6 pour cyan et
7 pour blanc (*white*). Le module "curses" définit des constantes
nommées pour chacune de ces couleurs : "curses.COLOR_BLACK",
"curses.COLOR_RED" et ainsi de suite.

Testons tout ça. Pour changer la couleur 1 à rouge sur fond blanc,
appelez :

   curses.init_pair(1, curses.COLOR_RED, curses.COLOR_WHITE)

Quand vous modifiez une paire de couleurs, tout le texte déjà affiché
qui utilise cette paire de couleur voit les nouvelles couleurs
s'appliquer à lui. Vous pouvez aussi afficher du nouveau texte dans
cette couleur avec :

   stdscr.addstr(0,0, "RED ALERT!", curses.color_pair(1))

Les terminaux « de luxe » peuvent définir les couleurs avec des
valeurs *RGB*. Cela vous permet de modifier la couleur 1,
habituellement rouge, en violet ou bleu voire toute autre couleur
selon votre goût. Malheureusement, la console Linux ne gère pas cette
fonctionnalité, je suis donc bien incapable de la tester et de vous en
fournir un exemple. Vous pouvez vérifier si votre terminal la prend en
charge en appelant "can_change_color()", qui renvoie "True" en cas de
succès. Si vous avez la chance d'avoir un terminal aussi perfectionné,
consultez les pages du manuel de votre système pour obtenir plus
d'informations.


Entrées de l'utilisateur
========================

The C curses library offers only very simple input mechanisms.
Python's "curses" module adds a basic text-input widget.  (Other
libraries such as Urwid have more extensive collections of widgets.)

Il y a deux méthodes pour obtenir des entrées dans une fenêtre :

* "getch()" rafraîchit l'écran et attend que l'utilisateur appuie sur
  une touche, affichant cette touche si "echo()" a été appelé
  auparavant. Vous pouvez en option spécifier des coordonnées où
  positionner le curseur avant la mise en pause ;

* "getkey()" effectue la même chose mais convertit l'entier en chaîne.
  Les caractères individuels sont renvoyés en chaînes de longueur 1
  alors que les touches spéciales (telles que les touches de fonction)
  renvoient des chaînes plus longues contenant le nom de la touche
  (tel que "KEY_UP" ou "^G").

It's possible to not wait for the user using the "nodelay()" window
method. After "nodelay(True)", "getch()" and "getkey()" for the window
become non-blocking. To signal that no input is ready, "getch()"
returns "curses.ERR" (a value of -1) and "getkey()" raises an
exception. There's also a "halfdelay()" function, which can be used to
(in effect) set a timer on each "getch()"; if no input becomes
available within a specified delay (measured in tenths of a second),
curses raises an exception.

The "getch()" method returns an integer; if it's between 0 and 255, it
represents the ASCII code of the key pressed.  Values greater than 255
are special keys such as Page Up, Home, or the cursor keys. You can
compare the value returned to constants such as "curses.KEY_PPAGE",
"curses.KEY_HOME", or "curses.KEY_LEFT".  The main loop of your
program may look something like this:

   while True:
       c = stdscr.getch()
       if c == ord('p'):
           PrintDocument()
       elif c == ord('q'):
           break  # Exit the while loop
       elif c == curses.KEY_HOME:
           x = y = 0

Le module "curses.ascii" fournit des fonctions pour déterminer si
l'entier ou la chaîne de longueur 1 passés en arguments font partie de
la classe ASCII ; elles peuvent s'avérer utile pour écrire du code
plus lisible dans ce genre de boucles. Il fournit également des
fonctions de conversion qui prennent un entier ou une chaîne de
longueur 1 en entrée et renvoient le type correspondant au nom de la
fonction. Par exemple, "curses.ascii.ctrl()" renvoie le caractère de
contrôle correspondant à son paramètre.

Il existe aussi une méthode pour récupérer une chaîne entière,
"getstr()". Elle n'est pas beaucoup utilisée car son utilité est
limitée : les seules touches d'édition disponibles sont le retour
arrière et la touche Entrée, qui termine la chaîne. Elle peut, en
option, être limitée à un nombre fixé de caractères.

   curses.echo()            # Enable echoing of characters

   # Get a 15-character string, with the cursor on the top line
   s = stdscr.getstr(0,0, 15)

Le module "curses.textpad" fournit un type de boîte texte qui gère des
touches de fonctions à la façon d'*Emacs*. Plusieurs méthodes de la
classe "Textbox" gèrent l'édition avec la validation des entrées et le
regroupement de l'entrée avec ou sans les espaces de début et de fin.
Par exemple :

   import curses
   from curses.textpad import Textbox, rectangle

   def main(stdscr):
       stdscr.addstr(0, 0, "Enter IM message: (hit Ctrl-G to send)")

       editwin = curses.newwin(5,30, 2,1)
       rectangle(stdscr, 1,0, 1+5+1, 1+30+1)
       stdscr.refresh()

       box = Textbox(editwin)

       # Let the user edit until Ctrl-G is struck.
       box.edit()

       # Get resulting contents
       message = box.gather()

Consultez la documentation de la bibliothèque pour plus de détails sur
"curses.textpad".


Pour aller plus loin
====================

Ce guide pratique ne couvre pas certains sujets avancés, tels que la
lecture du contenu de l'écran ou la capture des événements relatifs à
la souris dans une instance *xterm*, mais la page de la bibliothèque
Python du module "curses" est maintenant suffisamment complète. Nous
vous encourageons à la parcourir.

If you're in doubt about the detailed behavior of the curses
functions, consult the manual pages for your curses implementation,
whether it's ncurses or a proprietary Unix vendor's.  The manual pages
will document any quirks, and provide complete lists of all the
functions, attributes, and ACS_* characters available to you.

Étant donné que l'API *curses* est si volumineuse, certaines fonctions
ne sont pas prises en charge dans l'interface Python. Souvent, ce
n'est pas parce qu'elles sont difficiles à implémenter, mais parce que
personne n'en a eu encore besoin. De plus, Python ne prend pas encore
en charge la bibliothèque de gestion des menus associée à *ncurses*.
Les correctifs ajoutant cette prise en charge seraient bienvenus ;
reportez-vous au guide du développeur Python pour apprendre comment
soumettre des améliorations à Python.

* Writing Programs with NCURSES: a lengthy tutorial for C programmers.

* La page de manuel ncurses

* The ncurses FAQ

* "Use curses... don't swear" : vidéo d'une conférence lors de la
  PyCon 2013 sur la gestion des terminaux à l'aide de *curses* et
  *Urwid* (vidéo en anglais).

* "Console Applications with Urwid": video of a PyCon CA 2012 talk
  demonstrating some applications written using Urwid.
